L’UNIVERS CONCENTRATIONNAIRE: LOS DIOSES NO HACEN SU MORADA EN LA TIERRA (II)

Posted on 27 abril, 2014

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Un detenido señala a un SS tras la liberación del campo de Buchenwald. Fuente: buchenwald-dora.frLes  demeures et les bureaux des SS sont en dehors du camp. Les SS gardent les portes et comptent les hommes. (…) Le SS responsable du camp a pour titre Schutzhäftlingsführer. Affiche criarde, comme ces rires de fou que jamais ne finissent, épouvantail dans une contagion de rire : les Schutzhäftlinge, les « détenus protégés », sont les prisonniers politiques. La Bible SS enseigne, en effet, que les détenus politiques ont été jetés dans les camps pour les protéger contre la juste fureur du peuple. L’adjoint au commandant SS, l’Unterschutzhäftlingsführer, complète la direction supérieure locale.

Sous cette double autorité se groupent : l’Oberscharführer, sergent-chef ; le Scharführer, sergent ; le Rapportführer et, à la base, les SS chargés soit de la garde, soit de fonctions particulières de contrôle, comme le Blockführer, responsable d’un ou de plusieurs bâtiments.

C’est un principe constant que, dans ce cadre, la gestion du camp soit entièrement remise aux détenus. Les SS se cantonnent dans un rôle de direction et de contrôle. À Buchenwald, en dehors des appels, il était très rare de voir des SS dans le camp. Par contre, à Neuengamme, les Blockführer venaient très fréquemment visiter les Blocks dont ils avaient la responsabilité. Ils ne restaient guère plus de dix minutes. L’Obersturmbannführer et le Sturmbannführer ne sont présences visibles pour les détenus que pendant les appels et encore relativement peu et dans les camps de moyenne importance.

Chaque détenu a le droit d’en appeler au Blockführer, au Rapportführer ou a commandant. Le commun des mortels, par une juste prudence, ne s’y risque jamais.

Pendant onze années, les SS assurèrent la garde du camp et des Kommandos de travail. Leur présence constante aggravait très durement le sort des hommes : pas ou peu de possibilité de ralentir le rythme du travail, aucun relâchement du côté des Kapos et des Vorarbeiter, une grêle ininterrompue de coups. La situation se modifia au début de 1944. Dès avril, à Neuengamme, les soldats de la Flak (D.C.A.) remplacèrent les SS dans la garde du camp et des Kommandos. Les SS conservaient les pleins pouvoirs, y compris, dans une large mesure, sur les militaires, mais ils n’étaient plus constamment présents. Même pour les inspections, les Feldwebel se substituèrent très souvent aux SS. L’amélioration fut très sensible. Ces modifications s’étendirent à presque tous les camps. Dora, cependant, ne connut que les SS jusqu’à la libération. Les femmes non plus ne profitèrent pas entièrement de ces avantages. Des Posten les surveillaient, mais une femme SS était toujours présente. (…)

Le contrôle des SS ne se limitait donc pas au camp. Il s’étendait au travail. Les SS ont la responsabilité de l’organisation et de la discipline du travail. Ils font des visites d’inspection sur les chantiers et dans les usines. Leur fréquence dépend du caractère d’urgence imposé aux travaux par Berlin. Mais, pour le travail comme pour les camps, les SS se maintiennent dans les fonctions de direction et de surveillance. Ils remettent aux bureaucrates détenus les plans et les directives et les chargent de l’entière organisation pratique. Ces fonctionnaires sont responsables devant les SS et peuvent être cassés, battus ou envoyés dans une Strafkompanie s’ils n’ont pas su réaliser les tâches imposées.

Ce système libère les SS de la plupart des contraintes et leur permet de s’occuper plus librement de leur propre bureaucratie et de leurs affaires. Mais les raisons en sont plus profondes et plus lourdes de conséquences. L’existence d’une aristocratie de détenus, jouissant de pouvoirs et de privilèges, exerçant l’autorité, rend impossibles toute unification des mécontentements et la formation d’une opposition homogène. Elle est enfin (et c’est dans l’univers concentrationnaire sa raison suffisante et définitive d’être) un merveilleux instrument de corruption. La métaphysique du châtiment propre aux SS impose comme une nécessité absolue l’existence de cette aristocratie.

 (Rousset, David : L’univers concentrationnaire, Hachette, 2008, pag. 106-111)

[Los alojamientos y las oficinas de los SS están fuera del campo. Los SS vigilan las puertas y cuentan a los hombres. (…)

 El SS responsable del campo tiene por título Schutzhäftlingsführer. Amanerado gritón, como esas risas tontas que no acaban nunca, espantapájaros en un contagio de reír: los Schutzhäftlinge, los “detenidos protegidos”, son los prisioneros políticos. La Biblia SS enseña, en efecto, que los detenidos políticos han sido arrojados a los campos para protegerlos contra el justo furor del pueblo. El adjunto del comandante SS, el Unterschutzhäftlingsführer, completa la dirección superior local.

Bajo esta doble autoridad se agrupan: l’Oberscharführer, sargento jefe ; el Scharführer, sargento ; le Rapportführer y, en la base, los SS encargados o bien de la guardia, o bien de funciones particulares de control, como  el Blockführer, responsable de uno o de varios edificios.

Es un principio constante que, en este marco, la gestión del campo sea enteramente cedida a los detenidos. Los SS se encierran en su papel de dirección y control. En Buchenwald, más allá de los llamamientos, era muy raro ver SS en el campo. Sin embargo, en Neuengamme, los Blockführer venían frecuentemente a visitar los Blocks de los que eran responsables. A menudo no permanecían más de diez minutos. El Obersturmbannführer y el Sturmbannführer no son presencias visibles para los detenidos mas que durante los llamamientos y aún así relativamente poco y eso en los campos de importancia media.

Cada detenido tiene el derecho de llamar al Blocführer, al Rapportführer o al comandante. El común de los mortales, por una justa prudencia, nunca se arriesga a eso.

Durante once años, los SS aseguraron la vigilancia del campo y de los Kommandos de trabajo. Su presencia constante agravaba muy duramente la suerte de los hombres: sin posibilidad de ralentizar el ritmo de trabajo, ninguna relajación por parte de los Kapos y de los Vorarbeiter, una lluvia ininterrumpida de golpes. La situación se modificó al comienzo de 1944. Desde abril, en Neuengamme, los soldados de la Flak (D.C.A.) remplazaron a los SS en la vigilancia del campo y de los Kommandos. Los SS conservaron los plenos poderes, lo que comprendía en gran medida a los militares, pero ya no estaban constantemente presentes. Incluso para las inpecciones, los Feldwebel sustituyeron muy habitualmente a los SS. La mejora fue muy sensible. Estas modificaciones se extendieron a casi todos los campos. Dora, sin embargo, no conoció más que a los SS hasta su liberación. Las mujeres tampoco se beneficiaron por entero de estas ventajas. Algunos Posten las supervisaban, pero una mujer SS estaba siempre presente. (…)

El control de los SS no se limitaba sólo al campo. Se extendía al trabajo. Los SS tenían la responsabilidad de la organización y de la disciplina del trabajo. Hacen visitas de inspección en las obras y en las fábricas. Su frecuencia depende del carácter de urgencia impuesto a los trabajos por Berlín. Pero, para el trabajo como para los campos, los SS se mantienen en funciones de dirección y de vigilancia. Entregan a los burócratas detenidos los planes y las directivas y les encargan completamente de la organización práctica. Estos funcionarios son responsables ante los SS y pueden morir, ser golpeados o enviados a una Strafkompanie si no han sabido realizar las tareas impuestas.

Este sistema libera a los SS de la mayor parte de las obligaciones y les permite ocuparse más libremente de su propia burocracia y de sus asuntos. Pero las razones son más profundas y tienen consecuencias más graves. La existencia de una aristocracia de detenidos, disfrutando de poderes y privilegios, ejerciendo la autoridad, hace imposible toda unificación de descontentos y la formación de una verdadera oposición homogénea. Es finalmente (y es en el universo concentracionario la razón suficiente y definitiva para ser) un maravilloso instrumento de corrupción. La metafísica del castigo propia de los SS impone como una necesidad absoluta la existencia de esta aristocracia.

PREGUNTAS:

1. Establece para cada uno de los cargos en alemán una equivalencia en español

2. ¿Por qué eran tan importantes los prisioneros privilegiados para el mantenimiento del sistema de campos de concentración?

3. ¿Por qué crees que los SS fueron sustituidos en 1944 por soldados de la reserva para la vigilancia y supervisión de los campos?

4. ¿Qué ironía se utilizaba para encarcelar a los prisioneros políticos?