L’UNIVERS CONCENTRATIONNAIRE: LA VERDADERA RAZÓN DE SER DEL LAGER

Posted on 29 abril, 2014

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Un alemán arroja sus perros contra un trabajador forzado judío. en Cracovia (Polonia). Fuente: USHMMLe but des camps est bien la destruction physique, mais la fin réelle de l’univers concentrationnaire va très au-delà. Le SS ne conçoit pas son adversaire comme un homme normal. L’ennemi, dans la philosophie SS, est la puissance du Mal intellectuellement et physiquement exprimée. Le communiste, le socialiste, le libéral allemand, les révolutionnaires, les résistants étrangers, sont les figurations actives du Mal. Mais l’existence objective de certains peuples, e certaines races : les Juifs, les Polonais, les Russes, est l’expression statique du Mal. Il n’est pas nécessaire à un Juif, à un Polonais, à un Russe, d’agir contre le national-socialisme ; ils sont de naissance, par prédestination, des hérétiques non-assimilables voués au feu apocalyptique. La mort n’a donc pas un sens complet. L’expiation seule peut être satisfaisante, apaisante pour les Seigneurs. Les camps de concentrations sont l’étonnante et complexe machine de l’expiation. Ceux qui doivent mourir vont à la mort avec une lenteur calculée pour que leur déchéance physique et morale, réalisée par degrés, les rende enfin conscients qu’ils sont de maudits, des expressions du Mal et non des hommes. Et le prêtre justicier éprouve une sorte de plaisir secret, de volupté intime, à ruiner les corps.

Cette philosophie seule explique le génial agencement des tortures, leur raffinement complexe les prolongeant dans la durée, leur industrialisation, et toutes les composantes des camps. La présence des criminels, la mise en commun brutale des nationalités en brisant toutes les compréhensions possibles, le mélange calculé des couches sociales et des générations, la faim, la crainte permanente enfoncée dans les cerveaux, les coups –autant de facteurs dont le seul développement objectif, sans autres interventions, conduit à cette désagrégation totale de l’individu qui est l’expression la plus totale de l’expiation.

Une telle philosophie n’est pas gratuite et ne contribue pas seulement à l’assouvissement de déséquilibres nerveux. Elle remplit une fonction sociale éminente. La mort ne dégage que très peu de terreur. Les longues avenues silencieuses de pendus n’irradient que de médiocres hantises. La torture en permanence, transformée en condition naturelle d’être, entretient une peur autrement puissante. Les camps, par leur existence, installent dans la société un cauchemar destructeur, éternellement présent, à portée de la main. La mort s’efface. La torture triomphe, toujours vivante et active, déployée comme une arche sur le monde atterré des hommes. Il ne s’agit plus seulement de réduire ou de paralyser une opposition. L’arme est d’une efficacité singulièrement plus grande. Les camps châtrent les cerveaux libres.

(Rousset, David : L’univers concentrationnaire, Hachette, 2008, pag. 113-116)

[El objetivo de los campos es la destrucción física, pero el fin real del universo concentracionario va mucho más allá. El SS no concibe a su adversario como un hombre normal. El enemigo, en la filosofía SS, es la potencia del Mal intelectualmente y físicamente expresado. El comunista, el socialista, el liberal alemán, los revolucionarios, los resistentes extranjeros, son las figuraciones activas del Mal. Pero la existencia objetiva de algunos pueblos, de algunas razas: los Judíos, los Polacos, los Rusos, es la expresión estática del Mal. No es necesario que un Judío, un Polaco, un Ruso, actúe contra el nacional-socialismo; son por nacimiento, por predestinación, heréticos no asimilables consagrados al fuego apocalíptico. La muerte no tiene entonces un sentido completo. Sólo la expiación puede ser satisfactoria, apaciguadora para los Señores. Los campos de concentración son la sorprendente y compleja máquina de la expiación. Los que deben morir van a la muerte con una lentitud calculada para que su deterioro físico y moral, realizado gradualmente, les haga ser concientes de que son malditos, expresiones del Mal y no hombres. Y el sacerdote justiciero experimenta una especie de placer secreto, de voluptuosidad íntima, al arruinar los cuerpos.

Solo esta filosofía explica la genial disposición de las torturas, su refinamiento complejo la prolongación en la duración, su industrialización, y todos los componentes de los campos. La presencia de los criminales, la puesta en común brutal de las nacionalidades rompiendo todas las comprensiones posibles, la mezcla calculada de las capas sociales y de las generaciones, el hambre, el temor permanente hundido en los cerebros, los golpes –tantos factores cuyo desarrollo objetivo, sin otras intervenciones, conduce a esta desagregación total del individuo que es la expresión más absoluta de la expiación.

Tal filosofía no es gratuita y no contribuye solamente a la satisfacción de los desequilibrios nerviosos. Cumple una función social eminente. La muerte no provoca más que un terror escaso. Las largas avenidas silenciosas de los ahorcados no irradian más que obsesiones mediocres. La tortura permanente, transformada en condición natural de ser, mantiene un miedo más poderoso. Los campos, por su existencia, instalan en la sociedad una pesadilla destructora, eternamente presente, al alcance de la mano. La muerte se borra. La tortura triunfa, siempre viva y activa, desplegada como un arca en el mundo aterrado de los hombres. No se trata ya solamente de reducir o de paralizar una oposición. El arma es de una eficacia singularmente más grande. Los campos castran los cerebros libres.

PREGUNTAS:

1. ¿Cuál era la verdadera razón de ser de los campos de concentración?

2. Explica con qué métodos conseguían ese objetivo