L’UNIVERS CONCENTRATIONNAIRE: LOS PRESOS POLÍTICOS ALEMANES

Posted on 21 mayo, 2014

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Gestapo agentsLes premières années des camps furent incomparablement plus effroyables que la période que nous avons connue. La lutte pour l’obtention du pouvoir était donc littéralement une question de vie ou de mort pour les militants allemands. L’extraordinaire extension des camps engendrée par la guerre aida doublement les communistes allemands. D’abord, elle contraignit les SS faute de personnel dirigeant, à les admettre à côté des criminels dans les fonctions les plus hautes des cités concentrationnaires. Ensuite, la diversité des tâches leur permit d’occuper certains postes sans se compromettre irrémédiablement. L’année 1942 et le début de 1943 virent le triomphe presque complet des politiques contre les « droit commun ».

Mais ils ne purent utiliser efficacement les circonstances que parce qu’ils avaient constitué une fraction solide et homogène. Ils connurent des crises intérieures très dures. Elles vinrent pour une part de distinctions que les SS établirent à un certain moment, et qui écartèrent les politiques (comme les terroristes), pour les rejeter dans les rangs des Verts, et d’autre part de la pression très sévère exercée par les conditions brutales de la vie des camps. Certains éléments furent corrompus plus ou moins vite, d’autres abandonnèrent la lutte. Les SS donnèrent toujours aux politiques la possibilité de sortir des camps au prix d’un reniement. Ces « libérations » étaient d’ailleurs fallacieuses. Retourné à la vie civile, l’ancien détenu restait sous une surveillance constante de la Gestapo et très fréquemment, au bout d’un temps plus ou moins long, revenait au camp, usé physiquement et moralement. Seuls leurs pairs qui ont traversé les mêmes épreuves peuvent être qualifiés pour les juger.

Mais un petit noyau demeura ferme. Plusieurs, qui avaient refusé le marché des SS, se conduisirent cependant avec une grande brutalité et participèrent à bien des trafics compromettants. Pour comprendre, il faut connaître l’atmosphère des camps. Mais jusqu’à la fin, il y eut parmi eux des hommes qui maintinrent leur entière dignité.

 (Rousset, David : L’univers concentrationnaire, Hachette, 2008, pag. 161-163)

[Los primeros años de los campos fueron incomparablemente más espantosos que el periodo que nosotros conocimos. La lucha por la obtención del poder era literalmente una cuestión de vida o muerte para los militantes alemanes. La extraordinaria extensión de los campos engendrada por la guerra ayudó doblemente a los comunistas alemanes. Primero, obligó a la SS, falta de personal dirigente, a admitirlos al lado de los criminales en las funciones más altas de las ciudades concentracionarias. Luego, la diversidad de las tareas les permitió ocupar ciertos puestos sin comprometerse irremediablemente. El año 1942 y el comienzo de 1943 vieron el triunfo casi completo de los políticos contra los de “derecho común”.

Pero sólo pudieron utilizar eficazmente las circunstancias porque habían constituido una facción sólida y homogénea. Conocieron crisis interiores muy duras. Se produjeron distinciones que los SS establecieron en cierto momento, y que separaban a los políticos (como a los terroristas), para arrojarlos en las filas de los Verdes, y por otra parte se ejercía una presión muy severa por las condiciones brutales de la vida de los campos. Algunos elementos fueron corrompidos más o menos rápido, otros abandonaron la lucha. Los SS dieron siempre a los políticos la posibilidad de salir de los campos a cambio de una renuncia. Estas “liberaciones” eran además engañosas. De vuelta a la vida civil, el antiguo detenido permanecía bajo una vigilancia constante de la Gestapo y muy frecuentemente, al cabo de un tiempo más o menos largo, volvía al campo, desgastado física y moralmente. Sólo sus iguales que han atravesado las mismas pruebas están cualificados para juzgarlos.

Pero un pequeño núcleo resistió. Varios, que habían rechazado el mercadeo de los SS, se condujeron sin embargo con una gran brutalidad y participaron de los tráficos comprometedores. Para comprender, hay que conocer la atmósfera de los campos. Pero hasta el fin, hubo entre ellos hombres que mantuvieron toda su dignidad.]