L’UNIVERS CONCENTRATIONNAIRE: LIBERACIÓN EN WÖBBELIN

Posted on 26 mayo, 2014

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El soldado Hershel Wright del ejército estadounidense repartiendo naranjas a los famélicos prisioneros del campo de concentración de Wöbbelin, 5 de mayo de 1945La fin des politiques ne fut pas sans signification dans cette Allemagne de la défaite. Les dernières semaines à Wöbbelin furent assez troubles. Plusieurs transports se trouvaient rassemblés dans ce campement, et les hommes se connaissent mal. La faim faisait des ravages. La distance était d’environ deux cents mètres entre les cuisines et le Revier, et une dizaine d’hommes armés étaient nécessaires pour protéger les bidons de soupe que l’on portait aux malades. Chaque jour, des violences se commettaient sur le terrain vague qui entourait les baraques. Tout de suite après la distribution, des groupes d’une dizaine se formaient, qui assaillaient les plus faibles, les isolés, pour leur voler la nourriture. Il y eut trois cas de d’anthropophagie, et l’on dut faire garder la morgue. Pas l’ombre d’un médicament ; les hommes mouraient par files. Bientôt, il fut difficile de les transporter. L’odeur autour des charniers était infecte. Des scènes de folie chaque nuit dans les Block des « convalescents », une succursale du Revier où l’on entassait les faibles, les agonisants, où se terraient quelques autres pour échapper aux corvées. Toutes les nuits, des hommes étaient tués et les hurlements ne cessaient pas jusqu’à l’aube.

De temps à autre, les Kapos intervenaient à coups de matraque.

Un début de complot s’organisa du côté des Polonais contre les communistes allemands et les Russes. Quelques Français y étaient mêlés. Les communistes allemands craignaient aussi les SS, et ils durent préparer une défense, car, la veille de la libération, Emil vint me trouver pour me dire que si, cette nuit-là ou la prochaine, j’entendais siffler, je devais rejoindre très rapidement leur Block. Rien ne se produisit. Au matin, les SS montrèrent les premiers signes de départ, mais les sentinelles gardaient toujours le camp. Elles tuèrent dans la matinée une trentaine d’hommes qui avaient tenté de fuir. Sur les 10 heures, l’ordre vint que tous les Allemands devaient partir. Au début de l’après-midi, en effet, les premiers groupes allemands se formaient près de la porte, mais, en même temps, le bruit circulait qu’il s’agissait de volontaires. Emil vint nous dire adieu. J’insistai pour qu’il restât, mais il sourit et secoua la tête. Le Kapo du Revier, qui était également un communiste allemand, refusa de partir, mais il fut clair pour moi, en observant l’attitude d’Emil à son égard, qu’il contrevenait, en ce faisant, non à un ordre des SS, mais à une décision de la fraction.  Sur les 13 heures, on vit les SS de l’autre côté des barbelés donner des fusils aux Kapos, y compris aux politiques. À 14h 30, la plupart des SS et des sentinelles étaient partis, mais un bon nombre de Kapos restaient, avec leurs armes. Il devait être près de 3 heures lorsqu’un énorme cri s’éleva dans le camp : « Les Américains. » Une première voiture venait de passer sur la route. Les dernières sentinelles ainsi que les Kapos avaient disparu. Quelques fusils restaient sur le sol. Les Russes et les Polonais se ruèrent sur les wagons et sur les baraques des SS, où se trouvaient les réserves de vivres.

(Rousset, David : L’univers concentrationnaire, Hachette, 2008, pag. 172-174)

[El final de los políticos no careció de significación en esta Alemania de la derrota. Las últimas semanas en Wöbbelin fueron bastante problemáticas. Varios transportes se encontraban juntos en ese campamento, y los hombres no se conocían. El hambre hacía estragos. Las distancias eran de doscientos metros entre las cocinas y el Revier, y eran necesarios una decena de hombres armados para proteger los bidones de sopa que se llevaban a los enfermos. Cada día, se producían actos violentos en el terreno vacío que rodeaba los barracones. Nada más terminar la distribución, se formaban grupos de una decena, que asaltaban a los más débiles, a los aislados, para robarles el alimento. Hubo tres casos de antropofagia, y se debió guardar la morgue. Sin rastro de medicamentos; los hombres morían a montones. Pronto fue difícil transportarlos. El olor entorno a los osarios era infecto. Escenas de locura cada noche en el Block de los “convalecientes”, una sucursal del Revier donde se acumulaban los débiles, los agonizantes, donde se retiran algunos otros para escapar de las tareas. Todas las noches, eran asesinados hombres y los alaridos no cesaban hasta el alba.

De vez en cuando, los Kapos intervenían a golpe de matraca.

Un inicio de complot se organizó por parte de los polacos contra los comunistas alemanes y los rusos. Algunos franceses estaban implicados. Los comunistas alemanes temían también a los SS y tuvieron que preparar una defensa, ya que la víspera de la liberación, Emil vino a mi encuentro para decirme que si, esa noche o la próxima, oía silbar, debía ir rápidamente a su Block. Nada se produjo. Por la mañana, los SS mostraron los primeros signos de partida, pero los centinelas guardaban todavía el campo. Mataron durante la mañana a una treintena de hombres que habían intentado huir. Hacia las 10, llegó la orden de que todos los alemanes debían partir. Al comienzo del medio día, en efecto, los primeros grupos alemanes se formaban cerca de la puerta, pero al mismo tiempo, circulaba el rumor de que eran voluntarios. Emil vino a decirnos adiós. Insistí para que se quedara, pero sonrío y meneó la cabeza. El Kapo del Revier, que también era un comunista alemán, rechazó partir, pero era claro para mi, observando la actitud de Emil con respecto a él, que al hacerlo contravenía no una orden de las SS, sino una decisión de la fracción. Hacia las 13 horas, se vio a los SS del otro lado de las alambradas dar fusiles a los Kapos, incluidos los políticos. A las 14 horas 30, la mayor parte de los SS y de los centinelas habían partido, pero quedaba un buen número de Kapos, con sus armas. Debían ser cerca de las 3 cuando un enorme grito se elevó en el campo: “los americanos”. Un primer coche acababa de pasar por la carretera. Los últimos centinelas así como los Kapos habían desaparecido. Algunos fusiles quedaban en el suelo. Los rusos y los polacos se abalanzaron sobre los vagones y sobre los barracones de los SS, donde se encontraban las reservas de víveres.

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